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D’Africa Bombata à Kanye West, l’histoire du rap, miroir de notre société

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Personne ne s’est réellement intéressé à l’histoire de la musique rap. Ce qui est bien dommage car elle recèle de nombreux points intéressants susceptibles de nous ouvrir les yeux sur notre propre histoire, et son évolution récente. Aujourd’hui, le rap est partout, preuve qu’il est bien enraciné dans notre culture occidentale. Des chansons de hip-hop sont écrites pour célébrer les 10 ans du fameux tournoi European Poker Tour, avec Ride on the River, comme pour amuser les enfants le soir avec le rap du poulailler (si vous êtes un puriste ne cliquez pas sur ce lien). Le rap est le miroir de notre société, alors s’arrêter sur son histoire c’est aussi s’arrêter sur la nôtre. Allons-y !

La légende dit que la musique rap serait née à côté des terrains de basket new-yorkais. Certaines personnes voulaient « vider leur sac » en respectant une certaine poésie, le tout sur le bruit des ballons de basket qui rebondissaient, premiers beats utilisés par les rappeurs (le beat original s’en rapproche en effet beaucoup). Le premier à avoir popularisé la culture hip-hop dans les années 1970 fut Africa Bombata. Le hi-hop était alors présenté comme un culture globale sensée occuper les jeunes des classes les moins aisées, qui cherchaient à trouver un sens à leur vie. Culture globale car elle réunissait la danse, le graph et le rap pour « musicaliser » tout cela.

Africa Bombata insistait bien sur le côté positif de son mouvement. À l’époque, tout mouvement culturel black se devait de montrer son côté positif et inoffensif au reste du pays. Deux morceaux se disputent le titre de première chanson de rap, Rapper’s Delight de Sugar Hill Gang (si vous êtes un puriste là vous pouvez cliquer) et The Message de GrandMaster Flash. Ce dernier morceau fait office de passage de témoin entre deux époques. Dans son costume argenté, presque disco, GrandMaster Flash nous raconte son dépit quand il regarde son environnement. Il voit la pauvreté et la ghettoïsation faire leur apparition.

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La génération suivante, symbolisée par le « gangsta rap », allait faire son apparition quelques années plus tard. C’est le groupe Public Ennemy qui fut le premier porte-drapeau, notamment avec le titre Give it up. La culture black n’a plus à porter patte blanche, ils ont la haine, ne croient plus en cette société et ont envie que cela se sache autour d’eux, de préférence dans le reste du monde.

C’est dans les années 1990 que le rap va conquérir toute la planète. Cette musique est désormais écoutée par toutes les strates de la société. C’est à cette époque que deux écoles se distinguent. La côte Est des USA, notamment incarnée par le Wu-Tang Clan et son génial RZA, propose un rap très travaillé, culturel. La côte ouest, en somme le rap californien, était représenté par Doctor Dre, connu avec son titre California Love.

Les années 2000 ont connu un accroissement de l’individualisme. Fini les chroniques sur son environnement, place à l’introspection. Cette vague fut portée par Kanye West, star autant aimée que décriée. On parle de ses problèmes et l’on trouve un écho chez ceux qui s’y reconnaissent.

Ce mouvement trouvera une déclinaison hard core, fonctionnant selon la même logique mais assumant un coté noir, propice à certains voulant s’inventer une vie de gangster. On peut donc juger cette évolution sans la mettre en perspective avec celle de nos sociétés occidentales. En se demandant quels seront les prochains mouvements.

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